Etat des lieux des boulevards en 2010

Cet article a été rédigé par l'association Declic en concertation avec l'ADDM et le Collectif des riverains.

"C'était un beau projet, la réhabilitation des boulevards Clichy-Rochechouart en espace humanisé  menée à bien il y a quelque cinq années.

C'était indispensable car la Ville de Paris, pendant des dizaines d'années, avait laissé faire n'importe quoi de ces boulevards. Le mail central avait été amputé pour aménager deux voies de stationnement automobile. Le sol (on n'ose pas parler de pavage) était dans un état lamentable. Les 2/3 des platanes étaient morts ou mourants. La fête foraine qui sévissait plusieurs mois par an était pour beaucoup dans ces dégâts collatéraux.

La mobilisation des riverains des boulevards de Clichy et Rochechouart contre le stationnement sauvage des cars de tourisme (on compta jusqu'à 80 cars, moteur tournant pour la climatisation en été, le chauffage en hiver) avait conduit à l'interdiction totale du stationnement de ces cars (arrêté préfectoral du 1er août 2000). Cette mobilisation avait contribué à attirer l'attention des élus sur l'état calamiteux de ces deux boulevards.

La concertation fut sérieusement conduite, le débat animé lors de nombreuses réunions publiques. La réhabilitation commença fin 2002 et fut menée par tranches pendant 18 mois.

 

En ce début d'année 2010 comment apparaissent ces boulevards humanisés ?

C'est tellement mieux qu'avant !

Notons, pour nous en réjouir, que sur les chaussées Nord et Sud la circulation automobile fonctionne plutôt bien, alors que des esprits chagrins prédisaient le pire, regrettant la circulation des bus et taxis dans des couloirs protégés...

 

Et pourtant nous relèverons des manques, des dysfonctionnements.

 

Des problèmes d'entretien, de suivi des travaux .

Le week-end, le boulevard est sale : canettes, bouteilles cassées, papiers gras, emballages de fast-food. C'est au moment de la plus grande fréquentation que le service de nettoiement semble absent. Pourtant les poubelles sont nombreuses, régulièrement vidées. Mais c'est tous les jours de la semaine que la bouche d'aération du métro, face au 47 boulevard de Clichy est remplie d'immondices.

Les toilettes automatiques Decaux ont été changées, le nouveau modèle néo-égyptien installé.

On comprend mal qu'il ait fallu attendre plusieurs mois l'ouverture des nouveaux édicules installés.

 

Des équipements mal conçus ne résistent pas à l'usage.

Les barres métalliques basses qui entourent les plates bandes, outre qu'elles servent de siège aux pique - niqueurs, buveurs (ce qui explique en partie la malpropreté), s'affaissent ou sont cassées. Abîmées aussi les grilles en mailles métalliques installées au bord des chaussées. C'est le résultat de l'agressivité des automobilistes mais aussi de la fragilité  de ces grilles.

 

Motos et scooters ( 2RM ) stationnent illégalement sur le mail.

Et ce à proximité immédiate de parkings qui leur sont réservés et qui ne sont pas complets. Mais pourquoi se gêner alors que les propriétaires de 2 RM ont pris l'habitude de ne pas respecter lois et réglements en matière de stationnement ? C'est à la police nationale d'agir et aux élus de lui rappeler cette obligation en cas de besoin.

Des cars continuent à stationner durablement.

On peut constater que des cars, qui n'ont le droit de stationner devant le Lycée Jacques Decour que pour la seule dépose des touristes abusent de ce droit en y restant parqués, moteur tournant. Ils sont certes moins nombreux qu'avant 2000, mais ils sont là, en infraction. Comme le sont les cars qui stationnent occasionnellement Place Blanche et Place du Delta.

 

Cette promenade est le bien commun des piétons, usagers réguliers et touristes, des cyclistes dans leurs voies réservées. Il doit être  protégé . Ce n'est pas un parking.

Comment ne pas évoquer aussi la multiplication des baraques et tréteaux à proximité immédiate des bouches de métro qui proposent aux chalands des souvenirs de Paris « made in pays à main d'œuvre à bon marché ».

 On cumule ici encombrement de l'espace public et triste image de la créativité parisienne.

 

Et le mail,  une évidence, est au milieu de boulevards où les immeubles, souvent de belle architecture, voient fréquemment leur rez de chaussée défiguré par des commerces à la limite du sordide. Un peu naïvement, on faisait le pari que l'amélioration de la voirie entraînerait  mécaniquement l'amélioration de l'appareil commercial. Et en réunion publique était évoquée la signature par les commerces d'une Charte de Qualité .

On en est loin !

Certes, il y a un peu moins de commerces du porno. Mais cela tient moins à une politique volontariste de la Ville qu'à une relative désaffection des amateurs, locaux ou touristes,  qui doivent trouver mieux sur leur téléviseur familial...

Certes, des cafés ont été refaits, les Trois Baudets ont enfin été rouverts. Mais que d'étalages illégaux (marchandise pendue en hauteur, éventaires occupant plus du tiers de la largeur du trottoir), sans qu'apparemment les services municipaux du boulevard Morland s'en inquiètent... C'est vrai surtout côté 18ème et plus marqué à mesure qu'on avance vers l'Est . Cela culmine vers le métro Anvers, avec des magasins vraiment pas Sympa !

On apprécie les salles de spectacle historiques, La Cigale, Le Trianon, l'Elysée Montmartre .

Mais si la façade de La Cigale a été refaite, les façades des 2 autres établissements mériteraient  un sérieux ravalement. Et les commerces du rez de chaussée (encore !) leurs enseignes agressives, participent largement à la dégradation de l'aspect de ces 2 établissements. L'Architecte des Bâtiments de France n'a-t-elle pas son mot à dire ?  

 

Voilà ce qu'on attend de la Ville, pour faire vivre mieux ces boulevards.

Davantage de soin et de suivi de ce qui était un beau projet . Et déjà l'application des lois et règlements.

Autant de sujets qui peuvent être traités dans les Conseils de Quartier .

 

 A l' Ouest du mail, il faudra bien régler la question du socle de la statue de Charles Fourier, érigée en 1899, fondue en 1942, socle occupé depuis 2007 par une cabine téléphonique vide installée subrepticement. Pendant quelques mois, les passants escaladaient l'escalier pour s'y faire photographier, avant que la Ville n'en ferme l'accès.

 La question reste posée. Le débat depuis trop longtemps suspendu doit reprendre."

 

Association déCLIC 17 / 18

ADDM 18  Association de Défense de Montmartre et du 18ème Arrondissement

Collectif des Riverains des Boulevards Clichy et Rochechouart  9ème et 18ème arrondissements

 

 



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